Ça y est, votre chiot devient grand. Votre cours de maternelle est terminé. Il ne vous reste qu’à perfectionner les petits accrocs de comportement qui persistent, surveiller les régressions, et on est partis pour sa première année. Il commence à agir moins en bébé, et plus en jeune chien, sa personnalité se forme, ses goûts ressortent.
C’est le moment de vous poser la question : quel sport fera mon chiot, une fois qu’il en aura l’âge ?
Cet article est le premier d’une série sur l’approche des sports canins pour les familles (ou futures familles) de chiots.
Pourquoi choisir un sport canin ?
Les sports canins ont une multitudes d’intérêts et d’avantages au quotidien. Rapidement, on peut en identifier quatre principaux.
La plupart des chiens ont au moins une activité-type dans leur nature
Beaucoup de races de chien ont été créées avec un but précis en tête, une tâche, une fonction. On a modelé des chiens de troupeau, de garde, de chasse, … Bien que nos chiens d’aujourd’hui n’aient plus ce genre de travail, ils restent génétiquement prédisposés à exceller dans cette fonction. Les sports canins sont la version moderne des jobs que les chiens avaient, à la création de chaque race.
Imaginez vivre une vie sans travail, sans hobby, sans satisfaction de se sentir bon dans une activité. Un peu vide, comme existence, non ? Maintenant, appliquez ça à une espèce que l’humain a spécifiquement modelée pour la performance de tâches. Il y a de quoi se taper la tête contre les murs… ou gruger des pattes de chaises, au minimum ! Ma raison principale est donc celle-ci : tous les chiens devraient pratiquer un sport canin, parce que c’est dans leur nature.
Vous allez me dire : certaines races ont été créées pour la compagnie, et non pour des tâches ! Est-ce que je peux laisser mon chien à rien faire dans ce cas ? La réponse est non : votre chien reste … un chien. Par contre il aura probablement des besoins moins élevés pour être satisfait, et vous aurez donc moins besoin de vous investir.

Les sports canins permettent de répondre à presque tous les besoins de base…
Quand on évalue la routine de base de votre chien, on va souvent regarder ces quatre critères : la stimulation physique, la stimulation mentale, la mastication, et l’accès à des interactions sociales plaisantes.
La pratique d’un sport canin va dépenser votre chien physiquement et mentalement : tous les sports impliquent une certaine quantité de chaque. Et elle va toujours impliquer de travailler en duo avec son humain. On a donc trois des quatre besoins qui sont adressés, avec des proportions différentes selon le sport choisi bien sur.
… et permet donc la prévention de beaucoup de problèmes de santé physique et de comportement !
L’Association des Médecins Vétérinaires du Québec (AMVQ) nous indiquait en septembre 2023 que
« chez les chiens, 59 % dépassent leur poids santé : 22 % souffrant de surpoids et 37 % d’obésité.«
Elle mentionne aussi que
« un surplus de masse corporelle peut occasionner ou favoriser le développement de très nombreuses pathologies comme : le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les troubles cutanés, le dysfonctionnement du système digestif, les difficultés urinaires, la réduction de l’immunité, les problèmes endocriniens, les problèmes orthopédiques et certains cancers.«
De plus, la sous-stimulation (physique et mentale) a souvent pour effet d’exacerber les comportements indésirables. Attention, je ne dis pas qu’un chien qui ne réfléchis pas assez va commencer à devenir réactif ou sauter pour dire bonjour. Je dis qu’un chien qui manque d’activité va probablement devenir frustré, et c’est la dernière chose dont on a besoin dans le travail de ces situation.
C’est pourquoi la pratique d’un sport canin est un atout majeur pour la santé physique et mentale de votre chien, à long terme.
Les sports canins développent un lien sain entre votre chiot et vous
Je ne connais aucune activité qui booste autant la complicité dans un duo humain-canin que la pratique d’un sport. Peu importe lequel, tant que vous gardez vos pratiques agréables. Les sports canins sont la version moderne des jobs de l’époque : ça signifie aussi que la pression de performance ne sert plus à rien.
C’est fun d’être compétitif, et de viser la 1ère place. Mais en bout de ligne, si mon chien perd un point en Rally-Obéissance, ou court moins vite son 5km, ça ne tue personne.
Cette approche plus « légère » des sports canins développe deux compétences ultra-importante chez le chiot : la capacité à ré-essayer s’il échoue, et à vous faire assez confiance pour oser essayer des nouveaux comportements.
Je vous donne un exemple. J’adore essayer d’apprendre un tour à un chiot, et qu’il le rate complètement. Ça me fait mourir de rire. C’est surement ma faute autant que la sienne. Il ne reçoit pas sa récompense, on reprend, c’est tout. Cette absence totale de tension apprend au chiot à se dépasser. S’il ne réussit pas, pas de stress, il a juste à essayer autre chose.
C’est une compétence extrêmement importante pour un chien adulte : ne pas frustrer, ne pas paniquer, ne pas geler, ne pas recommencer indéfiniment la même chose. Juste prendre le temps de réfléchir et retenter le coup.
L’effet secondaire de cette approche est impressionnant.
L’engagement du chien va souvent être décuplé, même lors du reste de sa journée.
Votre chien apprend à aimer travailler avec vous.
Devinez quoi : c’est bien plus facile de travailler un chien qui vous trouve sympathique, intéressant.e, et surtout challengeant.e mais pas intimidant.e.

Alors, êtes-vous prêts à choisir votre sport canin de rêve ?
Dans notre prochain article, nous aborderons les critères à considérer pour faire un bon choix, et les options qui existent !

Nina Esmery, CTC, BSc, FSG1
Éducatrice comportementaliste
Nina est une spécialiste du comportement canin, qui travaille majoritairement sur la réactivité canine. Elle croit beaucoup aux liens communautaire et au soutien entre les familles de chiens réactifs, et approchera avec empathie les personnes qui essaient de travailler le comportement de leur chien.
