Mon chien n’est plus propre, comment stopper les accidents à la maison ?

Votre chien est un adulte, qui a appris à faire ses besoins à l’extérieur. Mais récemment, des accidents sont arrivés à l’intérieur de la maison. Si vous cherchez à comprendre pourquoi, je vous invite à lire cet article sur les raisons des rechute dans la propreté de votre chien.

Ici, on va se concentrer sur les solutions : on fait quoi avec ce problème, concrètement ?

On se souvient qu’on a trois cas de figure : le problème de santé, le changement de routine, et la peur ou l’anxiété. On va les prendre un à la fois : la stratégie varie !

Mon chien a un problème de santé qui le fait uriner sur le tapis

Vous vous en doutez, la seule bonne réponse ici est : allez voir votre vétérinaire. Votre chien a peut-être une infection urinaire, des cristaux, une douleur quand il s’accroupit, … La liste des problèmes de santé qui influent sur les habitudes comportementales des chiens est très longue !

Si c’est le cas, vous pourrez vous acharner sur d’autres solutions autant que vous le voudrez sans succès. Rappelez-vous qu’une douleur ou un inconfort va influencer sa concentration, son humeur, son sommeil… Alors tous vos efforts risque d’être des coups d’épée dans l’eau.

Par exemple, imaginez : vous remarquez que votre amie dort des nuits très courtes, ce qui l’amène à être épuissée dans la journée. Elle est alors obligée de se coucher en après-midi, ce qui impacte ses habitudes de sport, de travail, … On s’inquiète, ça ne peut pas durer ! Alors on l’encourage à améliorer ses habitudes sommeil. Jusque là, rien d’anormal, non ? Maintenant si je vous dis que cette amie a une énorme grippe depuis une semaine. Que ses nuits courtes sont à cause de sa fièvre, et que les siestes sont indispensables puisque ses symptômes l’épuisent. Est-ce qu’on continue à parler de « essaye de dormir 8h par nuit », ou est-ce qu’on se concentre sur la grippe ?

Malheureusement, nos chiens ont une tendance à cacher leurs problèmes de santé, c’est un trait évolutif commun. Alors il faut parfois jouer au détective. Ce pipi dans la cuisine n’est pas (seulement) une corvée de nettoyage pour nous : c’est peut-être un signe que quelque chose cloche.

En ignorant un problème de santé potentiel, et on mettant nos efforts sur la propreté, notre intention est bonne, mais nos priorité ne le sont pas. D’abord on s’occupe du problème de santé, puis on ré-ajuste la « mauvaise habitude » si elle persiste par la suite.

Et dans beaucoup de cas, le problème se résorbe de lui même : le chien retourne à sa routine de pipi dehors une fois sa santé rétablie, mon amie retourne au travail une fois sa grippe guérie.

Un changement a causé une regression de mon entraînement

J’ ai identifié qu’un changement de ma routine à un peu perturbé les habitudes de mon chien. Par exemple : j’ai déménagé, ou bien mon horaire de travail a changé et donc l’heure de ses sorties aussi, ou bien une nouvelle personne a emmenagé avec nous. À savoir qu’un changement de mon chien est aussi possible : il grandit et se développe, son corps ne fonctionne plus pareil, il faut parfois l’aider à recalibrer tout ça.

Bonne nouvelle : c’est le cas de figure le plus simple !

Vous n’allez pas adorer la prochaine phrase, je vous préviens. La solution, dans ce cas, c’est tout simplement de … ré-entraîner la propreté. Mais pas de panique ! La seconde fois est souvent beaucoup plus simple et rapide que la première : votre chien est adulte, ses mucles sont déja aptes à retenir ses besoins, ses nuits sont déja complètes, et les connexions dans son cerveau sont déja existantes. Il suffit de les remettre en action.

Pour cela, et aussi frustrant que ça puisse paraître, on reprend le protocole de propreté au début, comme si on avait devant nous un chiot de deux mois. Pour rappel : voici le guide pour rendre votre chiot propre. Les étapes seront les mêmes, mais vous allez probablement pouvoir les franchir plus vite et moins graduellement que la première fois.

Le plus souvent, on remet un peu de « surveillance » en place, on recommence à récompenser aux « bons endroits » pendant une semaine ou deux, et le tour est joué.

Et oui, ça s’applique aussi aux pipis de marquage pour lesquels certains chiens (mâles et femelles) se découvrent une passion à l’adolescence.

Mon chien a peur, ou est anxieux, et ça impacte sa propreté

Dans ce cas, on revient un peu à notre logique du problème de santé. C’est un peu le même concept, avec un enjeu de santé mentale plutôt que physique, finalement !

Concrètement : il faut s’occuper du déclencheur de cette peur. On se concentre sur la cause, pas sur le symptome.

On ne le rappelera jamais assez : une peur n’a pas besoin d’être sensée pour avoir un impact réel. En tant que personne terrorisée des araignées (et des grenouilles, allez comprendre), je me rends bien compte qu’elles ne peuvent pas me manger. Elles me paralysent de peur quand même, et toute la logique du monde n’y fera rien : la peur est la connexion la plus difficile à défaire dans un cerveau.

Alors qu’est-ce qui fonctionne ?

Mon chien a peur de certains évènements

Le plus efficace pour un chien qui a peur de quelque chose de spécifique, c’est ce qui s’appelle les protocoles de désensibilisation et contre-conditionnement. L’idée c’est de modifier graduellement la présence du problème (l’araignée) : sa distance, son mouvement, combien de temps elle reste, etc. Le tout, en installant une nouvelle connexion, positive cette fois, dans le cerveau. Lorsque le protocole est réalisé correctement, cette association positive va doucement prendre la place de la peur.

Comme c’est un peu complexe, et que ça prend du temps, on va mettre en place de la gestion de son environnement. Le principe : le chien n’est pas exposé au problème sauf en entraînement, en attendant une amélioration. Là, il faut être un peu créatif et flexible. Si mon chien a peur d’un bruit dans l’immeuble, je l’enferme dans ma chambre lorsque je suis au travail. Ou bien je fais jouer de la musique juste devant ma porte d’entrée, pour étouffer le son. Ou bien j’ajoute une chaise dans l’entrée qui l’empêche de se coucher à cette endroit et de se faire surprendre. Tous les moyens sont bons, tant que mon chien est temporairement « éloigné » de son déclencheur.

Mon chien est anxieux

Que ce soit généralisé (il pense aux araignées sans cesse) ou situationnel, comme par exemple lorsqu’il est laissé seul, il faudra travailler sur cette anxiété. C’est souvent plus efficace dans ce cas de faire appel à un éducateur comportementaliste spécialisé. Il ou elle travaillera souvent en coopération avec vous et votre vétérinaire.

Si vous n’êtes pas sur(e) de la cause de cette rechute, ou si vous avez besoin d’aide personnalisée, nous sommes là pour vous aider !

Nina Esmery, CTC, BSc, FSG1

Éducatrice comportementaliste

Nina est une spécialiste du comportement canin, qui travaille majoritairement sur la réactivité canine. Elle croit beaucoup aux liens communautaire et au soutien entre les familles de chiens réactifs, et approchera avec empathie les personnes qui essaient de travailler le comportement de leur chien.

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